Je ne vous souhaite pas de bonnes résolutions. Je vous souhaite de bonnes intentions.
Parce que le trouble de l’attention, on en parle beaucoup. Mais le trouble de l’intention, hein, est-ce qu’on en parle ?
Les résolutions sont des cris. Les intentions sont des directions. Des engagements envers soi-même, sans violence. Une intention n’est pas un objectif. C’est une orientation de l’âme.
Chaque fin d’année, nous jurons de changer. Plus de discipline. Plus de volonté. Plus de contrôle. Comme si la vie se redressait sous l’effet d’un ordre bien formulé.
Sénèque écrivait que « l’attente est la plus grande entrave à la vi ». Attente de devenir autre. Attente d’être enfin à la hauteur de l’image qu’on se fait de soi. J’ai longtemps confondu l’intention avec cette attente-là. Je croyais que vouloir fort suffisait. Je croyais que décider, c’était maîtriser.
Alors je suis partie, juste quelques jours, toute seule, en « forêt ». Non pour réussir. Mais pour voir. Seule. Sans confort. Sans distraction. Sans l’alibi de l’agitation.
J’avais emporté des livres, des idées, des projets. Je n’ai presque rien fait de ce que j’avais prévu. Et c’est précisément là que quelque chose a commencé.
Je ne sais même pas très bien ce que j’ai fait. Sûrement… pas grand-chose. Et pour la première fois, être seule et ne rien faire m’a mise face à moi.
Il y a eu des moments plus difficiles que d’autres, je ne vais pas vous (me) mentir. Ma dépendance qui revient au galop. Envie de manger. De boire. De binger. De remplir le vide à toute vitesse. Et puis… respirer. Revenir au centre. Encore et encore. Et quelque chose s’est déplacé. Ce n’était pas une révélation spectaculaire. Plutôt un déplacement intérieur.
Mais j’ai compris une chose, une seule, et elle suffit largement pour 2026 :
Le feu, ça s’entretient !
Le stoïcisme ne prône pas une ascèse rigide, mais la lucidité. Il ne s’agit pas de se priver, mais de distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n’en dépend pas. Or, ce qui dépend réellement de nous est beaucoup plus étroit que ce que nous imaginons ! Et ça, et bien ça me libère de pas mal de folie. Faire confiance, à la Vie, pour TOUT ce qui ne dépend pas de moi.
L’intention est, en réalité, une fidélité intérieure.
Ce court voyage n’est qu’une étape. Un souvenir. Un tiroir parmi d’autres dans la grande armoire de mes expériences, agréables ou pas.. Mais c’est ainsi que la vie avance : par petites métamorphoses, par ajustements silencieux, par consentements répétés.
Alors pour 2026, je ne promets rien. Je n’exige rien de moi. Je pose une intention simple : ne pas me trahir dans le « trop ». Être là. Même quand c’est inconfortable. Surtout quand c’est inconfortable.
Le reste suivra. Ou pas. Et ce sera très bien ainsi !
Entretenons le feu intérieur, un jour à la foi(s) !
HNY mes cher(e)s amis ! ️ ✨











